Ma formation universitaire et mes expériences professionnelles
2009
QUI SONT LES SEXOLOGUES CLINICIENS ?
J’ai suivi ma formation à l’Université du Québec à Montréal en sexologie clinique. Le terme « clinicien » signifie : « qui est qualifié pour effectuer des évaluations et de la psychothérapie ». Les cliniciens tiennent compte de toutes les dimensions de la personne dans le traitement de la difficulté sexuelle. En tant que sexologue cliniciene, je suis avant tout psychothérapeute, formée dans différentes approches thérapeutiques sérieuses, bénéficiant d’études scientifiques. En effet, mes études universitaires me rapprochent d’un psychologue clinicien qui serait spécialisé dans la sexologie.
Je travaille actuellement à Marseille en cabinet et je suis membre attachée de l’AIHUS (Association InterHospitalo Universitaire de Sexologie).
En France, il existe des médecins sexologues, des sexologues non médecins issus de professions paramédicales. En général, ces professionnels ont suivi une formation (DIU de sexologie, 3 x 90 heures de cours sur trois années), mais cette formation n’est pas obligatoire (sauf pour les médecins). Mais attention, certaines personnes n’ayant aucune formation en sexologie peuvent se dire sexologues, car le statut de sexologue en France est encore nébuleux à ce jour. Il est donc bien important de vérifier avec son thérapeute sa formation et son expérience professionnelle avant d’entreprendre une thérapie.
Le Québec, province francophone du Canada, est pionnier en ce qui a trait à la formation universitaire en sexologie et en thérapies sexologiques La formation représente 5 à 6 années d’études universitaires, plus de 1400 heures de cours, en adjonction des stages et des supervisions cliniques (en plus de bénévolat dans des organismes sociaux dans le cadre des études) comptabilisant pour ma part 2000 heures. Le programme de sexologie clinique canadien est unique et le seul au monde à dispenser un diplôme de sexologue clinicien, appelé « Maîtrise en sexologie clinique ».
La sexologie est souvent méconnue en France et il faut savoir que les sexologues cliniciens formés au Québec ont une vision globale de l’individu et que la problématique sexuelle s’inscrit comme symptôme de conflits psychologiques sous-jacents : en effet, l’individu n’est pas réduit à la fonctionnalité de sa sexualité, à la génitalité, mais bien considéré dans ses diverses dimensions (biologique, psychologique, sociale). Ainsi, nous faisons à la fois de l’éducation à la sexualité et nous traitons un vaste éventail de problématiques sexuelles et relationnelles, que vous retrouverez en cliquant ici.
Devenir sexologue clinicien au Québec s’obtient grâce à deux diplômes universitaires, le "baccalauréat en sexologie" (3 années d’université après la sortie du lycée) et la "maitrise en sexologie clinique" en 2ans et demi, après une sélection (15 étudiants acceptés par année) qui visent à :
former des futurs sexologues éducateurs capables d’acquérir des connaissances théoriques/cognitives de base (psychologiques, biologiques, socioculturelles) nécessaires à l’analyse des problématiques sexuelles
d’analyser et de synthétiser des problématiques sexologiques,
d’élaborer des projets d’intervention sexologique en concertation avec divers intervenants
d’informer et de communiquer ses savoirs sexologiques de façon professionnelle en conformité avec les codes d’éthique et déontologiques
d’évaluer et de réajuster ses projets d’intervention sexologique,
d’appliquer différents modes d’intervention dans les domaines de l’éducation, de la prévention et de la relation d’aide
maîtriser au moins 2 approches thérapeutiques, avec à la fois des cours théoriques et une pratique professionnelle très supervisée par des sexologues cliniciens seniors, un stage de 8 mois sur le terrain
d’être ouverts à d’autres disciplines, d’autres cultures et d’autres horizons dans un esprit interdisciplinaire et de polyvalence,
de maîtriser plusieurs approches thérapeutiques
à former un professionnel capable d’aider les gens à résoudre les difficultés liées à l’expression de leur sexualité.
Le programme de formation à la maîtrise en sexologie (UQAM) profil counseling peut être consulté sur le site de l’ASQ, en cliquant ici ou encore sur le site de l’Université du Québec à Montréal en cliquant ici
Pour finir, rappelons que les sexologues cliniciens du Québec respectent le secret professionnel et le code d’éthique de l’ASQ.
MES EXPÉRIENCES PROFESSIONNELLES
Dans le cadre de la maîtrise en sexologie clinique, j’ai suivi un stage de 8 mois à l’hôpital St-Luc de Montréal, à l’Unité de dysfonctions sexuelles du service d’urologie. Ce stage a été encadré par deux superviseurs, des sexologues cliniciens seniors. J’y ai eu une patientèle diversifiée, autant des hommes, des femmes que des couples et cela pour des problématiques elles aussi diversifiées. J’y ai suivi des thérapies cognitivo-comportementales et sexoanalytiques.
J’ai également suivi un stage à l’organisme Revivre de Montréal (soutien aux personnes souffrant de dépression, de troubles bipolaires et de troubles anxieux), où j’ai analysé les besoins de la clientèle et créé un projet d’intervention pour les couples dont un des deux partenaires souffre de dépression, de trouble anxieux ou de bipolarité.
J’y ai également animé des ateliers de groupe sur différents thèmes reliés à la sexualité, animé un forum de discussion sur le site Internet de Revivre pour répondre aux questions inhérentes à la sexualité et à la santé mentale, mais aussi intervenu à la ligne d’écoute.
Les activités de Revivre me tiennent beaucoup à cœur et je me suis fortement impliquée dans leurs services, également en étant intervenante bénévole pour animer les groupes de proches de personnes souffrant de troubles anxieux, de dépression ou de bipolarité. J’y ai également donné une conférence sur la sexualité et les troubles de l’humeur.
Dans ma pratique professionnelle en cabinet, j’ai pu évaluer, élaborer des plans de traitement cliniques en sexologie et en psychothérapie, mais aussi faire des suivis pour l’IVAC (Indemnisation pour les Victimes d’Actes Criminels), un organisme de soutien pour les personnes ayant vécu un inceste, un abus sexuel, une agression sexuelle, un viol ou encore un harcèlement sexuel.
J’ai également fait partie de l’interdisciplinarité des programmes de PAE (Programmes aux Employés), qui sont au Québec l’équivalent du tout nouveau « Ticket Psy » lancé en France dans certaines grosses entreprises. Ce programme permet à un employé de bénéficier de séances de thérapie avec un praticien diplômé et reconnu, aux frais de l’entreprise qui l’emploie.
En dehors de ma pratique professionnelle en cabinet, j’ai travaillé au centre communautaire Le Levier à Montréal, afin de proposer des services de thérapie à une population à faibles revenus, où j’ai pratiqué de multiples psychothérapies. Les problématiques les plus fréquemment rencontrées étaient les suivantes : abus, problèmes familiaux, cheminement de vie suite à une rupture affective ou sociale, troubles anxieux, dépressifs, etc.
Finalement, j’ai été intervenante à l’organisme Séro-Zéro de Montréal, afin d’informer la clientèle et répondre aux questions concernant les ITS et le VIH/Sida. J’y animais un chat en direct sur leur site Internet.
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